Le don de l'embryon humain plonge parfois ses parents dans la perplexité et dans des interrogations radicales. N'est-il pas un intrus ? Un imprévu ? Un désir assouvi ? Un rêve imparfait ? Son existence est d'un grand poids : elle bouleverse une vie rien que par sa présence (1).
1. La radicalité d’un accueil personnel
Comment accueillir l’être humain aux commencements de sa vie et tout au long de l'éveil de ce qu'il est ?
« Je ne considère autrui comme « autrui », c'est-à-dire comme un autre, comme une personne, que si je le laisse s'imposer à moi. En lui quelque chose me dépasse, que je ne puis réduire à mes besoins, à mes attentes, à mon point de vue. Si je ne laisse pas autrui apparaître dans cette transcendance, je l'ai déjà tué comme autre, je l'ai déjà ramené à moi, à ce que je suis, à ce que je veux. Mon attitude éthique devant autrui doit donc être une attitude d'accueil, d'humilité. C'est la condition pour que les êtres puissent être pour moi ce qu'ils sont en eux-mêmes. Je dois laisser les êtres se révéler, se dévoiler, se montrer selon ce qu'ils sont. Loin de leur imposer ma mesure, je dois les laisser m'imposer la leur. Pour tout dire, mon attitude doit être une attitude de soumission et de vénération devant la réalité d'autrui, réalité sacrée au premier sens du mot : autrui se meut dans un espace irréductible au mien, où je ne peux pénétrer, à moins de le profaner, sans sa permission.
Hors même de toute foi explicitement religieuse, autrui représente un espace de transcendance et de sacré qui appelle la piété. Dans l'autre, il y a toujours un absolu qui parle. C'est au minimum l'absolu d'un devoir. Devoir de respecter celui qui se présente comme autre. Autrui est celui que je ne puis réduire, que je ne puis faire disparaître, que je ne puis tuer. Il est là comme une exigence absolue de respect. Ce devoir constitue le fondement de toute vie sociale possible. Depuis des millénaires, les civilisations l'ont formulé dans l'interdiction du meurtre : 'Tu ne tueras pas' » (2) .
L'interdit du meurtre est l'envers du respect et de la reconnaissance de l'être humain comme être-de-don en lui-même et pour Dieu, visage qui me précède et m'oblige dès sa conception (3).
Le respect de la Transcendance de l'autre toujours « offert » à ma vénération, à ma protection, à mon amour, est un appel et un grand devoir. Par la science, nos contemporains sont mis visuellement face aux commencements de la vie humaine (pour la première fois dans l'histoire). Beaucoup perçoivent difficilement l'absolu de cet appel manifesté dans « l'insignifiant paquet cellulaire » ou la « petitesse corporelle » du fruit de la conception humaine. Comment obéir déjà à un Visage qui se dérobe encore à nos yeux ? Que penser de la réalité humaine et personnelle de celui que les biologistes observent comme une «morula» ? Il est au moins aussi malaisé d'espérer la « vision béatifique » après une fausse couche qu'après le décès accidentel d'un jeune enfant ? Pourtant « la sollicitude pour l'enfant, dès avant sa naissance, dès le premier moment de sa conception, et ensuite au cours de son enfance et de son adolescence, est pour l'homme la manière primordiale et fondamentale de vérifier sa relation à l'homme » (4).
Certes, « la condition précaire de l'embryon ne pèse jamais sur lui, sans peser tout autant sur les autres. (...) Conditionné, et combien, l'enfant encore à naître ou déjà né est, de ce fait même, conditionnant (5). Il faut interpréter cette condition symbolique de notre précarité. Pourquoi l'homme est-il si fragile et le demeure-t-il ? Pourquoi une telle vulnérabilité ? L'image de l'incarnation du Dieu Tout-puissant dans la chair d'un enfant et dans son silence éclaire cette contingence de la créature et sa filiation originelle !
Il est un temps de la vie de chaque personne où elle n'existe que par autrui et en dépendance entière d'autrui. A l'origine, nous sommes donnés, livrés aux autres. Dans la fragilité des apparences - et l'imprévu de notre surgissement - l'homme se présente comme un «don» toujours bouleversant de la Paternité divine. Les hommes peuvent reconnaître ce don ou le refuser. « Et voici l'enfant sans voix. Il n'est pas encore né ni en état de se défendre. Mais il est là, annoncé, peut-être inattendu. Il est si silencieux. Mais il crie d'autant plus fort : « Donne-moi un nom. Donne-moi ton nom : accepte-moi et offre-moi la chance de devenir ce que je suis déjà : ton enfant. Prends-moi donc tel que je suis : même inattendu. Regarde Jésus qui ne s'est pas cramponné à sa propre sécurité; il s'est dessaisi de sa richesse au sein de Dieu pour apporter la vie à tous les hommes » (6). Tout le champ de la moralité se déploie face au don qu'est l'enfant. Toute reconnaissance est un appel, une exigence, un devoir, parfois une souffrance. Car elle suppose l'engagement libre et fort, et le dévouement personnel de ceux qui sont confrontés au « visage » de l'humanité du don.
2. Les conditions de l’accueil : la raison et le cœur
Ces difficultés sont-elles insurmontables ? On ne voit pas pourquoi la reconnaissance d'une personne humaine dans l'embryon serait plus facile que dans la vie quotidienne vis-à-vis des autres êtres humains. Nous savons qu'il y faut beaucoup d'amour et d'efforts. Pour l'embryon humain, nous connaissons les conditions scientifiques d'une telle reconnaissance. Comment et de quoi sera faite celle-ci ?
Cette attitude de reconnaissance sera faite de raison et de cœur : elle suppose une réflexion sur la nature de l'embryon humain et un accueil de sa personne. La réflexion nous ramène à notre propre origine et au mystère de notre dépendance. « Car enfin, si à un moment il était important que nous fussions témoins, c'est bien à celui de notre naissance. Or notre vie a commencé à notre insu, en notre absence. Peut-on vraiment accepter sans discussion que cet événement nous échappe alors que nous lui étions le plus indispensables ? Lors même que nous en sourions, il y a là quelque chose de si violent, un rapt si injustifié, une telle contrainte - parce qu'alors vraiment nous fûmes contraints - que cela me paraît ardu d'y consentir dans explication. Moi, cela me scandalise » (7).
Nous n'avons pas été témoins de notre conception et nous n'avons pas «voulu» venir à l'existence. La mémoire de cette « tache aveugle » s'éclaire dans la lumière divine, par la puissance du Père qui nous a appelés à être. L'ombre des corps - la procréation naturelle se love à l'intérieur d'un secret charnel et de l'obscurité des corps - préside à la conception. Elle est symbole non d'un tabou, mais d'un amour qui reçoit humblement de communiquer la vie reçue. L'homme et la femme oeuvrent pour que se noue le mystère d'alliance entre Dieu et chaque nouvelle créature pour toujours. L'âme humaine n’est pas donnée par les parents (8) : elle leur est confiée (9).
L'humanité de chacun de nous ne se réduit pas aux apparences et aux signes que nous en donnons (10). Bien sûr, les phénomènes nous aident à identifier l'humain, à l'aider à grandir, à en découvrir la vocation. C'est notre tâche de les déceler. Mais pour être capable de déceler les signes de l'humain, la technique ou la science ne suffisent pas (l'électro-encéphalogramme, l'échographie, par exemple). La reconnaissance d'autrui passe par un libre accueil de ce que nous sommes : un don les uns pour les autres. La reconnaissance passe par l'amour (11). Sans la volonté d'aimer et de se donner, l'homme ne peut pas reconnaître l'homme. Plus les apparences de l'humain semblent obscures, plus il nous faudra aimer, croire et espérer dans la dignité cachée d'un être. Ce que la raison nous suggère, l'amour nous permet de le voir.
« Nous pouvons toujours douter d'un être, si nous ne nous décidons pas à tirer de nous-mêmes une force de surcroît, un don gratuit, un consentement qui recouvre l'abîme de son mystère. Or cela s'accomplit spontanément en nous dès que nous faisons crédit à la parole d'un autre, en toute occasion, en plein jour. C'est cependant un rendez-vous dans la nuit, chacun éclairé seulement par sa lumière intérieure, et par l'invitation de l'autre » (12).
3. Un « visage » éclairé par l’amour et le temps qui passe
L'embryon humain, comme tout être humain, est plus que l'apparence qu'il donne de lui-même. Ce qu'il est en acte, ne s'est pas encore manifesté ni exercé en toute sa puissance : un don en soi. D'ailleurs, l'apparence dessert le nouvel être humain. Les « sens » sont aveuglés sur l'identité humaine. Une barrière doit être franchie par l'amour, pour que la raison reconnaisse l'être-de-don en acte, avant qu'il ne puisse exercer toute sa « puissance humaine ».
De même, dans le long chemin de l'éducation, l'enfant et ses dons ne peuvent éclore ni se développer que par l'accueil personnel d'autrui. Le don personnel qu'est l'enfant grandit par et sous le regard aimant des autres personnes. La réflexion psychologique et la sagesse populaire soulignent fort à propos l'importance de la « caresse » et des gestes de tendresse dans les relations avec les tout-petits, le rôle de la voix du père ou de la mère, l'odeur des corps perçue par l'enfant. Le corps qui exprime la tendresse est le véritable berceau de l'être humain. « Il est bien vrai que le bébé, pour être éveillé à la vie consciente, a besoin du sourire, des soins, de l'amour et de la parole de ses parents. L'être humain n'accède à la conscience de soi qu'en face d'une autre conscience. Oui, nous pouvons éveiller la personne humaine, la susciter, la faire grandir (...) » (13). Devant ces nécessités, comment ne pas considérer la famille comme le lieu d'accueil idéal de l'enfant dans sa fragilité (14) ?
« L'être humain est déjà et de toujours personne en lui-même et pour Dieu : il a simplement à être reconnu comme tel par autrui et d'abord par les parents. Autrui humanise ce qui est humain déjà » (15). Parce que son être dépend directement de Dieu, nous avons à le recevoir comme une créature, à son image (16). L'accueil du don qu'est l'enfant «signe» moralement la relation de l'homme à l'homme, mais aussi la relation de l'homme à Dieu. « En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits, qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25,40).
Le don appelle la reconnaissance à sa mesure (17). Refuser de considérer la personne comme un don, c'est la blesser grièvement, c'est voiler sa beauté. C'est aussi risquer sa perte. Toute négation du don qu'est l'enfant ou du don de ses parents l'un pour l'autre, fait gravement obstacle à la surabondance de la vie et à son partage (18).
Synthèse
L’accueil du don qu’est l’enfant pose les questions essentielles de notre vie. Dans l’ « autre » qui survient, il y a toujours un absolu qui parle. Ce visage surgit comme un appel et une responsabilité éthique. Il est un temps dans la vie de l’être humain où il n’existe que par autrui et en dépendance entière d’autrui. La raison et le cœur nous aident à reconnaître dans l’embryon qui vient un don personnel. La reconnaissance passe par l’amour, par la mémoire de notre propre avènement à l’existence, par les connaissances scientifiques que nous acquérons. Si nous entrons dans le doute, si nos « sens » sont aveuglés par les apparences d’autrui ou de l’enfant à naître, il nous faut prendre le temps de la reconnaissance. Accueillir l’enfant comme un don, c’est parfois ouvrir ou sauter une « barrière » en nous et poser un acte de confiance en la vie telle qu’elle nous est offerte.
Alain Mattheeuws s.j.
#1 Personne n'est plus étonnamment autre que l'enfant. Il est le fruit du couple, mais il est totalement autre. Au début, l'enfant aussi apparaît à ses parents comme leur second moi, leur image parfaite. C'est pourquoi ils l'aiment. Mais l'enfant est autre, entièrement autre. De jour en jour sa demande se fait alors plus pressante : Prenez-moi donc tel que je suis. Aimez-moi non parce que je vous ressemble. Aimez-moi pour ce que je suis. Mettez-moi au monde, une seconde fois».
Car il y a une double paternité et maternité. Lors de la naissance physique, l'homme et la femme reprennent la parole de la Bible. Ils disent : nous avons engendré notre semblable. Et ils l'aiment à cause de cette ressemblance.
Mais il est une seconde paternité et maternité : celle qui laisse l'enfant devenir autre en l'aimant pour lui-même, tel qu'il est. Tout enfant est engendré une deuxième fois lorsque les parents acceptent ce paradoxe : cette chair de notre chair et ce sang de notre sang, il est tellement différent» (G. DANNEELS, Accepter l'autre car Dieu le premier, nous a acceptés, Malines, Service de Presse de l'Archevêché, 1981, p. 7).
#2 J.-M. HENNAUX, Le droit de l'homme... p. 20.
#3 « Cependant le respect absolu qu'on lui (à l'homme) doit dans son infirmité signifie que l'homme fait réellement partie de l'ordre du sacré, car l'homme est ce que l'on sert et non ce qu'on domine. Ainsi compris, le sacré est tout proche de ce qu'un Lévinas met sous la notion de «visage». La «vie» pour laquelle l'Église s'engage ici n'est jamais réductible au seul biologique, c'est toujours cette vie qui a déjà, même caché, le visage de l'homme» (G. MARTELET, 2000 ans d'accueil à la vie, Paris, Centurion, 1973, p. 75 et p. 76).
#4 FC n° 26, citant un Discours à l'Assemblée générale des Nations Unies», 2 octobre 1979, n° 21 : AAS 71 (1979) p. 1159.
#5 G. MARTELET, 2000 ans d'accueil à la vie, Paris, Centurion, 1973, p. 50.
#6 G. DANNEELS, Accepter l'autre car Dieu le premier, nous a acceptés, Malines, Service de Presse de l'Archevêché, 1981, p. 9.
#7 R. HABACHI, Commencements de la créature, Paris, Centurion, 1965, p. 132.
#8 Nous ne voulons pas entrer dans le débat de l'animation médiate ou immédiate. Nous voulons simplement affirmer une primauté ontologique de l'action divine.
#9 « C'est là un acquis de la génétique, de l'immunologie, de la biologie contemporaines : à la fécondation apparaît une unité absolument irréductible aux autres, constituée génétiquement dès la conception, capable de déclencher des réactions de défense immunitaires, de vivre un développement embryonnaire autonome et d'assurer sa propre régulation physiologique» (J.-M. HENNAUX, Le droit de l'homme..., p. 21).
#10 Nous pensons aux importants travaux effectués par Ph. CASPAR pour fonder cette thèse dans L'individuation des êtres : Aristote, Leibnitz et l'immunologie contemporaine, Paris-Namur, Lethielleux/Le Sycomore, 1985; ID., Penser l'embryon, Paris, Ed. Universitaires, 1991.
#11 « Les conditions scientifiques de la reconnaissance d'une personne sont donc données dès la conception, mais cette reconnaissance ne pourra avoir lieu si fait défaut l'attitude d'accueil, de soumission, de respect, évoquée plus haut, et que nous devons avoir en fait devant toute personne humaine. A priori l'on peut dire que s'il y a dans l'embryon une personne humaine, elle ne pourra se révéler telle qu'à celui qui est prêt à l'accueillir. Si cette attitude d'accueil est présente, l'embryon pourra se révéler pour ce qu'il est, (...) une personne. En ce qui concerne l'avenir, il est hors de doute que si je le laisse être, il se manifestera comme une personne. Mais cet avenir est lié au présent. La preuve c'est que si je supprime l'embryon, cet avenir n'existera pas. Respecter cette personne en avenir n'est donc rien d'autre que la respecter maintenant» (J.-M. HENNAUX, Le droit de l'homme..., p. 21).
#12 R. HABACHI, Commencements de la créature, Paris, Centurion, 1965, p. 37. #13 J.-M. HENNAUX, Le droit de l'homme..., p. 26.
#14 « La famille est également le lieu de l'accueil inconditionnel de l'autre en la personne des enfants (Familiaris Consortio, n° 26). A un enfant, on ne demande jamais de justifier sa présence : cela est lourd de sens. Si vous entrez dans une usine, dans un parking gardé, dans un bureau de vote, ou dans un cinéma, on vous demandera de justifier votre présence... L'enfant, lui, n'a pas à le faire en entrant dans sa famille : plus il est fragile et menacé, plus - normalement - il est accueilli dans la famille. Cela est très évangélique : sa force est précisément dans sa faiblesse; et plus il est faible et vulnérable, plus il est désarmant. Nous sommes ici dans le voisinage des Béatitudes» (J. JULLIEN, Demain la famille, Paris, Mame, 1992, p. 138).
#15 A. CHAPELLE, Sexualité et sainteté, Bruxelles, IET, 1977, p. 262.
#16 « Il existe donc une convergence singulière entre la tradition culturelle occidentale et la tradition chrétienne. L'une et l'autre, en effet, voient dans l'âme, principe spirituel d'immortalité, la source de cette dignité. Le christianisme ajoute que, non seulement tout être humain est créé à l'image de Dieu, mais qu'il se trouve appelé par Dieu à entrer dans un régime salvifique d'alliance. Il ne nous répugne pas de croire que cette alliance est nouée entre Dieu et chacun des embryons humains. Jean-Marie Thévoz ne serait pas loin de l'admettre, lorsqu'il écrit : « L'être humain reçoit sa dignité dès qu'il est reconnu par Dieu et/ou par l'homme, indépendamment de ses qualités, donc de son âge». Pour nous, la reconnaissance par Dieu - dans l'âme - suffit à fonder l'identification humaine et donc la dignité intrinsèque de l'être humain. La reconnaissance par les autres (les parents, par exemple) n'est pas fondatrice de cette dignité. L'âme ne vient pas de la société et sa destinée dépasse le simple horizon social. Cette reconnaissance sociale est seconde, quoique fort importante. Elle est facteur de personnalisation (construction de la personnalité), mais non pas de «personnification» (constitution de la personne en tant que telle (cf. p. 220). Si mon père et ma mère m'abandonnent, le Seigneur m'accueillera». Rédigé dans une perspective évidemment autre, le Psaume 26 (verset 10) trouve cependant ici une résonance singulière» (J.-L. BRUGUÈS, La fécondation artificielle..., p. 239-240).
#17 « Accepter un enfant, c'est aller au-devant de bien des histoires. Mais c'est entrer dans l'histoire. Pour les couples, comme pour les peuples. Pas d'enfants, pas d'histoire, mais plus d'histoire. Avec l'enfant c'est l'avenir qui fait irruption. Le futur, on peut le préparer, le programmer, le construire. Mais l'enfant est un à-venir, on n'a pas barre sur lui à l'avance. Il faut accepter la part d'inconnu qu'il apporte, l'aventure qu'il représente. Cette loi de l'enfant, qui projette les parents, et les peuples dans l'avenir, l'inconnu, l'aventure, le temps, l'histoire, n'est-ce pas la loi de la vie ? Refuser le risque, le temps, l'aventure, c'est refuser la vie. Les accepter, c'est une exigence humaine tout simplement, une question de vie ou de mort» (J. JULLIEN, Demain la famille, Paris, Mame, 1992, p. 96).
#18 « Pour le chrétien, l'embryon humain est créé par Dieu, il est l'apparition d'une volonté de Dieu. A ce titre, il doit être respecté absolument. Il est aussi quelqu'un pour qui le Christ est mort, quelqu'un qui a une valeur infinie au regard de la Croix. Dans la foi, l'embryon n'est pas considéré isolément. Il est relié à Dieu, son Fondement, qui le pose, qui le crée, qui le donne, qui le sauve. Il est aussi relié à l'acte procréateur d'un homme et d'une femme, acte qui doit être pris en considération et respecté dans son fruit. L'Église proclame la valeur infinie de tout homme, y compris du plus petit, du plus faible» (J.-M. HENNAUX, Le droit de l'homme à la vie..., p. 35).