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consacré à Alain Mattheeuws s.j. !

L'exigence que constitue la lecture des textes d'Alain Mattheeuws est à notre sens largement récompensée par cette "joie ontologique qui situe la personne en contexte de gratuité et par conséquent en climat d’obligeance éthique par opposition à l’obligation éthique, toujours teintée d’extériorité juridique" dont parle le Cardinal Ouellet, qui ajoute qu' "[Alain Mattheeuws] est marqué par une « philosophie ensoleillée » (R. Habachi) qui retrouve l’étonnement devant le mystère de l’être comme don."

La pensée d'Alain Mattheeuws est comme baignée dans la beauté et la grandeur de ce qu'est l'homme ; la réflexion sur les questions les plus concrètes ne perd jamais cela de vue, pas plus que le respect du sanctuaire de la liberté humaine. Il revivifie en nous cette espérance que, de toute circonstance, peut sans cesse émerger un chemin de joie.

Suggestion : commencer par l'introduction à la pensée d'Alain Mattheeuws par le Cardinal Marc Ouellet (Catégorie : "Ouvrages d'Alain Mattheeuws").

Une bibliographie figure dans la catégorie : "Ouvrages d'Alain Mattheeuws".

Les textes les plus courts sont les recensions d'ouvrages, puis les interviews, puis les articles. Enfin, les cours sont les textes les plus développés.

Conseil pratique pour parcourir le blog : pour mieux retrouver les articles, vous pouvez, dans l'encadré "Articles récents" (colonne de droite), cliquer sur "Liste complète", qui offre une prévisualisation de ceux-ci.

Vous êtes invités à prolonger votre visite par le site web du père Alain Mattheeuws en cliquant sur le lien suivant: http://www.mattheeuws.be/site/


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Gewijd aan Alain Mattheeuws s.j. !

De moeite die ons het lezen van de teksten van Alain Mattheeuws kost, wordt ons inziens ruim beloond door de “ ontologische vreugde die de persoon in een context van vrijgevigheid plaatst, en bijgevolg een klimaat van ethische dankbaarheid schept, in tegenstelling tot een van ethische verplichting, steeds gekleurd door een juridische uitwendigheid” waarover Kardinaal Ouellet spreekt, die eraan toevoegt dat “|Alain Mattheeuws| getekend is door een “zonnige filosofie”(R. Habachi) die terugkeert tot de verbazing over het misterie van de gave van het zijn. ”

De denkwereld van Alain Mattheeuws is als het ware gedompeld in de schoonheid en de grootsheid van het menszijn; de bezinning over de meest concrete vragen verliest dit nooit uit het oog, evenmin als het respect voor het heiligdom van de menselijke vrijheid. Hij laat in ons die hoop heropleven, dat, uit alle omstandigheden, steeds een weg van vreugde kan ontstaan.

Suggestie: begin bij de inleiding tot de denkwereld van Alain Mattheeuws door Kardinaal Marc Ouellet (Categorie : "Werken van Alain Mattheeuws").

Een bibliografie is te vinden in de categorie : "Werken van Alain Mattheeuws".

De korste texten zijn de recensies, dan de interviews, vervolgens de artikels. De meest uitgebreide texten zijn de cursussen.

Practische tip om de blog te raadplegen : om de artikels beter te vinden, kunt u in het kader “Recente artikels” (rechterkolom) op “Volledige lijst” klikken. Hier vindt u een preview van de artikels.

Verder kunt u ook u bezoek vervolledigen met de website van pater Alain Mattheeuws door te klikken op de volgende hyperlink: http://www.mattheeuws.be/site/

Mardi 21 novembre 2006

Wunnenberg K., Pleurer l’enfant que je n’ai jamais connu, Guebwiller, éd. Famille je t’aime, 2004.

 

L’A. habite à Phoenix, en Arizona avec son mari et deux enfants. Elle a subi trois fausses couches et perdu un enfant dans les heures qui ont suivi sa naissance. Elle parle d’expérience et son discours, sans être une projection personnelle ou uniquement un témoignage, est une méditation pour accompagner celles qui vivent cette épreuve et ces deuils (fausse-couche, grossesse extra-utérine, interruption de grossesse, décès de leur enfant in utero ou peu après la naissance). Cette réalité bien humaine est éclairée actuellement d’un jour nouveau de par les progrès de la médecine et l’aveu des femmes elles-mêmes. L’écoute psychologique révèle les profondeurs personnelles touchées par ces drames.

Cet ouvrage est original à plus d’un titre. Les 31 chapitres apportent des éclairages précis sur la psychologie de celles qui vivent cette expérience. Les exemples offerts sont judicieux, pleins d’un humour tendre et vrai. Un espace est offert pour tenir un «journal intime». Un texte de la Bible est mis en exergue et commenté à chaque étape. Le plus étonnant reste ce rapport spontané et naturel entre les événements et la Parole de Dieu. Certainement marqué par la culture américaine et par l’influence protestante, il témoigne fidèlement qu’une relation personnelle avec Dieu est possible à tout instant et au cœur des sentiments humains. Le lien «événements-prière», «parole-vie» est présent spontanément. Les médiations traditionnelles des Églises (vie sacramentelle) et la maternité de Marie ne sont pas fortement soulignées comme «aides concrètes», mais l’ensemble témoigne joyeusement d’un Dieu présent à notre histoire et à nos actes les plus intimes. Ce livre sera certainement utile à de nombreux couples et accompagnateurs confrontés actuellement à ces questions que la médecine et nos cultures ont rendues plus explicites et plus aiguës. — A. Mattheeuws, S.J.

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Mardi 21 novembre 2006

Boldo P.-M. et Ch., Tout enfant est une histoire sacrée. L’adoption différente, Bierges, Mols, 2002, 23x16, 271 p. ISBN 2-87402-046-X.

 

Ce livre fait mémoire des vingt ans d’expériences, de luttes, de témoignages de la Providence et de l’ouverture du cœur des nombreuses familles qui ont adopté un enfant porteur d’un handicap ou d’une maladie grave.

«Folie de Dieu, folie des hommes», ce livre «tombe bien», car il rend raison des cheminements de la liberté et de l’expérience anthropologique acquise dans l’adoption différente. Il ne s’agit pas d’expliquer totalement ce type de décision parentale que l’amour confirme toujours, mais de nous montrer, dans une culture qui peut difficilement «supporter» ce genre de choix, combien le sens de la vie humaine est sacré. L’enfant malade et handicapé nous pose par son existence les questions essentielles de l’humanité. Il aide ainsi ceux et celles qui l’accueillent à bien les poser et à y trouver des réponses.

Le plan du livre suit l’histoire sacrée d’une famille et de l’enfant. L’accueil de la différence, la place du parent biologique, le cheminement vers l’adoption pleine et entière, la rencontre, les enjeux de l’adoption, la vie quotidienne des familles adoptives, le défi du handicap, la «double identité» de l’enfant, le témoignage des frères et sœurs et de l’entourage, l’importance du soutien fraternel (groupes de partage) et de la persévérance dans le temps (durer dans l’adoption). Tout homme de bonne volonté apprendra beaucoup de ce parcours réaliste et plein d’espérance. Soulignons l’enjeu des réflexions annexes sur les types de handicap, la blessure d’abandon, le déracinement, l’apprivoisement, la résilience, les loyautés familiales.

Le «vécu» de ce livre atteste l’unification d’une attitude humaine paradoxale et qui vient du cœur et de l’intelligence. Il donne également un bel exemple d’intégration des sciences humaines de l’éducation avec les options spirituelles que l’œuvre «Emmanuel» inscrit dans ses structures. Hymne à la vie, il est bon de lire ce livre: on en sort meilleur et plein d’espérance en l’humanité. — A. Mattheeuws, S.J.

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Mardi 21 novembre 2006

Vingt-Trois A., La famille. Quinze questions à l’Église. Un évêque répond, Paris, Mame/Plon, 2002, 23x17, 181 p. ISBN 2-7289-1016-6.

 

Cette nouvelle collection permet aux évêques d’enseigner le peuple de Dieu et les hommes de bonne volonté. Prise en charge par le secrétariat général de la Conférence des évêques de France, elle offre la possibilité d’un enseignement collégial sur des thèmes variés. Président de la Commission épiscopale pour la famille, l’A. — récemment nommé archevêque de Paris — répond à 15 questions parmi celles que l’on entend généralement dans la vie pastorale: Qui peut se marier à l’Église, comment? Est-il possible de réussir son mariage? Pourquoi l’Église n’admet-elle pas le divorce? Pourra-t-on voir des mariages homosexuels? La femme est-elle la gardienne de la famille? Les parents ont-ils des devoirs à l’égard des enfants? Le choix des questions est éclairant: il souligne les inquiétudes et les objections de nos contemporains. Il éveille nos consciences aux points de fracture entre la doctrine matrimoniale et le «ressenti» du peuple de Dieu. La composition de lieux que l’A. opère pour la plupart des questions permet aux affectivités de prendre distance et à la raison d’opérer un discernement du discours. La mise en perspective historique ainsi que les interprétations socio-culturelles de nos sociétés offrent de bonnes pistes de compréhension des exigences spirituelles et théologiques du sacrement. L’insistance est clairement mise sur le réalisme de la «lettre» évangélique plus que sur le sens «anagogique» de la relation homme-femme et de sa fécondité. En un sens, Mgr A. Vingt-Trois rejoint heureusement le langage très personnel de l’un de ses prédécesseurs soucieux des questions matrimoniales: Mgr J. Julien. Son écriture est très accessible et engagée. Peu de références aux documents de l’Église, mais une parole personnelle et précise rend compte de la tonalité de l’ensemble des réponses. Ce livre sera utile pour ceux qui s’engagent dans le mariage ou qui aident leurs frères et sœurs sur ce chemin. — A. Mattheeuws, S.J.

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Mardi 21 novembre 2006

Lécuru L., Transmettre la foi en famille!, Paris,Emmanuel, 2004, 21x14, 213 p., 16 €. ISBN 2-915313-05-9.

 

Poursuivant sa recherche et son enseignement sur des thèmes familiaux, l’A., moine-hôtelier de l’abbaye Saint-Wandrille, nous offre une belle synthèse sur la question de la transmission de la foi. Son discours n’est pas artificiel puisqu’il tente d’abord de rendre compte des réelles difficultés dans ce domaine. Qu’est-ce que «transmettre»? Plus que des biens, des éléments culturels ou socio-politiques, c’est la question du sens qui est posée. Démarche de clarification, parfois apologétique, que ce premier chapitre qui traite du «fait chrétien» confronté aux «bonheurs et malheurs de la transmission». L’A. rend compte du contexte européen et de son évolution rapide depuis la dernière guerre. Il souligne les grandes idéologies ambiantes et encore actuelles. Comment éviter le syndrome du «court-circuit» ou la transmission à rebours quand les jeunes générations semblent être les seuls sujets actifs ou intéressants de la dynamique de transmission? Réalité de nos cultures occidentales et urbaines: en un sens, ce livre est «bien situé» en France et n’intègre pas — mais ce n’est pas son but —A les réalités familiales et historiques d’autres continents ou Églises particulières (ex.: Amérique Latine ou Afrique).

La foi chrétienne est au défi du pluralisme. L’homme est «capax Dei», mais toutes les religions ne se valent-elles pas? Ce défi de l’originalité du christianisme dans un monde qui se «globalise» est une difficulté supplémentaire (chap. 2). Qu’est-ce que la foi? Comment la recevoir comme un don et y adhérer librement sinon en prenant comme référentiel permanent la personne même du Christ et le témoignage judéo-chrétien de la Tradition. L’annonce du Royaume ne peut faire abstraction d’une catéchèse concrète et sérieuse où le savoir est inutile si celui qui l’offre ne s’y engage pas comme témoin. La Parole doit être livré dans nos paroles humaines.

Ces deux premiers chapitres ouvrent la porte à la thèse de l’auteur: la famille est le lieu privilégié et incontournable de la transmission de la foi. Reprenant de manière originale les traits essentiels de la doctrine conciliaire sur le sacrement de mariage, l’A. plaide pour une transmission personnelle, conjugale, familiale. Il montre comment la «famille» est «comme un sujet en acte» qui «aime, fonde, donne la vie, éduque, transmet». Cet agir familial est le creuset d’une transmission en vérité. Celle-ci répond à une vocation, consacrée par le sacrement de mariage. N’est-ce pas le plus vieux sacrement du monde? En paraphrasant l’expression de «sacrement primordial» (issue des catéchèses de Jean-Paul II), l’A. souligne la profondeur de cette transmission: elle est de sainteté «pour la sainteté». La famille est une «ecclesiola»: «une, sainte, catholique et apostolique». Cette vie, avec ses heurts et malheurs, est le lieu de vérité de la transmission de la foi. La tonalité bénédictine est offerte dans une commentaire actualisé pour les familles de la Règle de saint Benoît. À l’heure des incertitudes, les intuitions bénédictines peuvent encore éveiller l’être et l’agir familial. — A. Mattheeuws, S.J.

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Mardi 21 novembre 2006

Oser dire le mariage indissoluble, éd. X. Lacroix, coll. Recherches morales, Paris, Cerf, 2001, 22x14, 246 p., 130 FF. ISBN 2-204-06755-5

 

Cet ouvrage collectif est le fruit d’un travail interdisciplinaire de la faculté de théologie de Lyon. Le premier et le dernier chapitre sont signés par X. Lacroix et expriment l’essentiel de la thèse: le mariage indissoluble n’a pas uniquement ses fondements dans une révélation ou un magistère catholique. Il doit être réfléchi en raison humaine.

La première partie développe ces «fondements» de l’indissolubilité du lien conjugal: l’appel éthique que suscite une «parole humaine», offerte, donnée, inscrite dans la chair; la radicalité de la parole évangélique telle qu’elle nous est rappelée par le Christ lui-même en Mt 19, la transcendance du lien manifestée par la sacramentalité. La sacramentalité elle-même est «parole» inscrite dans le temps et l’espace. Ces paroles articulent le discours d’une possible «alliance conjugale», unique et traversée d’un Tiers qui lie ce qui est déjà humainement lié. La grâce sacramentelle n’est jamais extrinsèque à la nature de l’homme qui fait promesse.

Le deuxième partie examine le droit civil français. Le droit concrétise encore l’éthique de l’alliance en concevant le mariage comme une institution et non comme un contrat uniquement. Le droit est appelé à protéger cette institution par des lois, même si la justice doit aussi intervenir pour protéger les personnes prises au piège des échecs conjugaux. Le droit met en évidence également la persistance du lien matrimonial après le divorce. L’indissolubilité ne signifie pas le caractère indestructible du lien, mais sa persistance sous des formes diverses rend compte de son mystère à ce niveau.

La troisième partie épouse des recherches de type psychanalytique. Elle est certainement la plus riche en «paroles» évocatrices. Le lien conjugal renvoie en effet à l’insaisissable origine de l’amour, à cette origine qui rend possible l’alliance. Ainsi le don filial fonde-t-il la capacité du don conjugal. La vérité de l’alliance, sa force et sa fidélité, tiennent dans la parole qui reste vraie et «conforme» au mystère de l’origine de l’être humain. Une alliance dans l’histoire humaine fait mémoire d’une alliance originelle. Si Dieu est présent, il l’est toujours dans la conjonction de la chair et de la parole.

La quatrième partie est consacrée à des définitions ecclésiales. Les points de vue orthodoxe (M. Evdokimov) et protestant (B. de Cazenove) récusent une acception juridique de l’indissolubilité, mais ne parviennent pas à fonder une «indissolubilité sans exceptions». Faisant appel à la miséricorde, au principe d’économie ou à l’histoire biblique du salut, ces positions justifient une pratique d’un «nouveau mariage». La contribution catholique (D. Baudot) fait état pour l’indissolubilité d’une doctrine constante. Ainsi, même pour des raisons pastorales évidentes, l’Église affirme ne pas avoir «pouvoir de dissolution» sur un mariage ratum et consumatum. Cette «solidité particulière» exprimée dans le droit canon s’appuie de fait sur une doctrine théologique dont la richesse s’est déployée différemment dans la tradition. X. Lacroix conclut cette partie en nous mettant «face au divorce» et en dressant le cahier de charge des décisions pastorales et recherches à faire sur cette thématique. Il propose des démarches spirituelles qui puissent allier dans toute alliance conjugale (particulièrement celles qui échouent) la miséricorde et le définitif. Il essaie d’ouvrir une voie sacramentelle, celle de la réconciliation, pour conserver et réintégrer l’alliance conjugale dans l’objectivité de cette économie. Cette perspective, délicate, ne vise plus, dans un premier temps, l’accès à la communion des divorcés remariés civilement, mais une manifestation ecclésiale d’un repentir et d’un pardon, chemin vers la reconnaissance des noces nouvelles. Cet essai mériterait tout un débat. Il suppose que soit précisée et enrichie encore la polysémie du concept d’indissolubilité et que le caractère original et historique du septénaire et de la sacramentalité de l’Église soit mieux mis en évidence.

Ce livre fort intéressant permet d’affronter la question de l’indissolubilité. Peut-être ouvrira-t-il des chemins sur une meilleure compréhension non seulement d’un interdit fondateur, d’un lien naturel fort, d’une tradition plus ou moins explicitée, d’une question pastorale douloureuse, mais aussi d’une grâce particulière offerte à l’Église et aux couples qui la représentent sacramentellement dans l’histoire? — A. Mattheeuws, S.J.

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Mardi 21 novembre 2006

Chovelon B. et B., L’aventure du mariage chrétien. Guide pratique et spirituel, Paris, Cerf, 2002, 20x14, 201 p., 16 €. ISBN 2-204-06897-7.

 

Comme le souligne X. Lacroix dans sa préface, «le mariage est une aventure». Il nécessite une «ferme assurance» et encore «deux autres atouts: l’art et l’énergie». Les auteurs de ce guide pratique associent avec bonheur ces trois aspects dans un témoignage qui est à la fois concret et plein d’espérance. On trouve dans ce livre l’essentiel des étapes de cette aventure et une réflexion concrète «d’un couple» les accompagne: ce qu’est l’amour, la préparation de l’engagement, la cohabitation, le mariage civil et religieux, le «toujours» et le «quotidien» de cet amour, la communication et ses obstacles à dépasser, le lien entre amour et sexualité (la discrétion sur la question controversée des méthodes de régulation est notable), le don de Dieu qu’est l’enfant, les crises du couple ainsi que sa mission spécifique. Les conseils offerts sont utiles et délicats: ils seront appréciés grâce à l’humilité du ton et l’expérience des auteurs. Ce guide fait œuvre de sagesse en même temps qu’il montre explicitement les enjeux spirituels de l’amour conjugal et familial. La sexualité est ainsi située à sa juste et belle place. Nous avons apprécié particulièrement les «manières de prier» (p. 59-73): la variété des propositions et leur réalisme spirituel permet à tous d’entrer dans la compréhension de cette mission liée au sacrement de mariage. — A. Mattheeuws, S.J.

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Mardi 21 novembre 2006

Oswald Ph., Faut-il réinventer l’amour? Le couple à l’épreuve des siècles, Paris, Mame/Edifa, 2004, 23x15, 226 p., ISBN 2-7289-1111-8.

 

Directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Famille Chrétienne, l’A. n’en est pas à son premier essai. Fortement engagé dans la «cause» de l’amour et de la famille, il scrute avec acuité les questions actuelles, cherche les remèdes appropriées aux difficultés rencontrées, ouvre des pistes pour un avenir de l’institution matrimoniale.

Après un «état des lieux» réaliste où les thèmes de la précarité et les illusions de l’amour nous semblent être intéressants, l’A. nous conte une longue histoire du couple de l’Antiquité à nos jours. Cet acte de mémoire, au style vif et alerte, est certainement éclairant pour des lecteurs fixés sur l’immédiateté de l’actualité médiatique ou des questions pastorales actuelles. Le sentiment amoureux apparaît présent à tous les carrefours de l’histoire, même si les modalités de ritualisation sont très variées. Les conditions même de la compréhension sacramentelle du mariage et les débats essentiels liés à sa reconnaissance (définition et reconnaissance sacramentelle, efficacité et spécificité de la grâce, etc.) n’ont pas toujours favorisés la prise de conscience de la place de l’amour. Les conclusions de cette enquête semblent cependant claires: le sentiment amoureux a toujours été lié à la sacramentalité du mariage.

Se fondant sur la richesse doctrinale du XXe siècle et sur les nombreuses évolutions récentes concernant la vision du couple (spiritualité, apport des sciences humaines, défis des formes de sexualité), l’A. envisage une vraie découverte du mysterium dont parle saint Paul (Ep 5). Il en pose quelques jalons dans son dernier chapitre (réinventer l’amour). Pour dessiner la carte de cet amour, il intègre les composantes anthropologiques (le désir, la volonté sexuelle, le temps, le sentiment, la conscience, le religieux) à la puissance de la liberté. Son espérance transparaît dans les p. 183 à 201 où sa pensée développe avec rapidité et justesse la place ontologique du corps et l’articulation dans le mariage du «naturel et du surnaturel». L’amour est possible et c’est même, à travers le mariage, la condition de possibilité d’une civilisation de l’amour. L’homme et la femme sont «capables d’amour»: de développer cet «admirable mélange de l’humain et du divin». Ces pistes pourraient encore être approfondies par la théologie pastorale. Soulignons l’intérêt des notes et d’une brève annexe sur l’évolution juridique récente concernant le mariage en France. Un livre utile, stimulant, au langage accessible. — A. Mattheeuws, S.J.

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Mardi 21 novembre 2006

Jean-Paul II, Homme et femme il les créa. Une spiritualité du corps, Paris, Cerf, 2004, 20x14, 694 p., 29 €. ISBN 2-204-57589-2.

 

Saluons le courage et l’audace de l’éditeur qui réunit en un seul volume ces magnifiques catéchèses de Jean-Paul II données au début de son pontificat, de 1979 à 1984. Déjà publiées au Cerf en 4 livres distincts, elles sont réunies pour la première fois en un seul volume et offrent au public francophone ce que l’Institut Jean-Paul II avait réalisé en 1985 avec une introduction très originale en langue italienne de Mgr Caffarra.

Cette édition intégrale témoigne de l’ampleur d’une réflexion à la fois personnelle et magistérielle concernant le corps et la sexualité. Le retour à «l’origine» en vue de dessiner une anthropologie adéquate — de fait, vouloir mettre en évidence l’integrum de la personne humaine — est déterminant pour comprendre l’articulation de ces catéchèses. Celles-ci «prennent le temps» de dérouler un commentaire biblique où la lettre s’épanouit dans une interprétation spirituelle qui est à la fois dogmatique et morale. Le sens ultime du corps humain est livré à partir de la Résurrection du Christ.

Ainsi l’homme et la femme sont-ils vraiment «à l’image de Dieu» (Gn 1,27): dans la singularité de leur personne et dans la relation qui les unit. Ne sont-ils pas «le sacrement primordial», terme cher à Jean-Paul II? Cette «image» concerne «le corps, le cœur et l’esprit» de tout être humain. Au fil des mois, le pape développe une véritable théologie du corps dont divers auteurs contemporains ont depuis cette époque réfléchi les traits: dignité de l’être humain dont le corps révèle en vérité la personne, structure «sponsale» qui ouvre au don libre de soi dans le mariage ou la virginité pour le Royaume des cieux, lumière d’un salut qui éclaire la destinée éternelle de l’amour humain dans le plan divin.

L’unité des catéchèses étonnera plus d’un, surtout si l’on s’attarde à la dernière partie qui traite de la spiritualité et de la morale conjugales. Accompagnant au début les débats du Synode sur la famille (1980), ensuite la parution de l’exhortation Familiaris consortio (1981), cet investissement à la fois scripturaire et traditionnel est clairement situé dans l’horizon controversé de la morale sexuelle, des questions délicates de la relation conjugale et de la recherche théologique sur la symbolique homme-femme. On ne sera pas étonné de voir dans le dernier chapitre une brève reprise et un commentaire d’Humanae vitae. Mais la théologie du corps éclaire d’un jour nouveau la problématique: le langage semble neuf et affronte avec réalisme les objections modernes. Sans référence à la rédemption du corps, comment l’amour et ses exigences peuvent-ils être non seulement compris mais «mis en acte»? La personne n’advient à elle-même que par le don intégral d’elle-même.

«Méditation sans précédent», «pensée audacieuse», «anthropologie renouvelée» à la lumière de l’Incarnation et de la Rédemption: cette catéchèse peut et devrait encore porter ses fruits car ses fondements et son originalité créatrice restent méconnus en régime francophone. Le volume est déjà impressionnant: il aurait mérité une courageuse présentation herméneutique. Les lecteurs avisés et attentifs à l’histoire des documents regretteront aussi l’absence dans la table de matière des dates pour les catéchèses (références faciles et utiles). Mais l’essentiel est ailleurs: dans la présentation unifiée d’une doctrinale originale sur le corps, la sexualité, la virginité, le mariage chrétien. Cette publication aidera certainement à comprendre les options doctrinales de Jean-Paul II et leurs conséquences dans la vie morale et sacramentelle des chrétiens. — A. Mattheeuws, S.J.

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Mardi 21 novembre 2006

Ide P., Les 7 péchés capitaux ou ce mal qui nous tient tête, avec L. Adrian, Paris, Mame/Edifa, 2002, 23x15, 241 p., 15 €. ISBN 2-7289-1051-0.

 

L’intention n’est pas de «faire la morale» ni de proposer un retour janséniste aux notions de péchés capitaux. Dans sa forme (très moderne, pédagogique, parsemée d’exemples, d’images, de citations, de conseils) comme dans son fond, il s’agit de remettre des mots sur des réalités anthropologiques communes et ordinaires. De l’orgueil à la paresse, en passant par la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère, les auteurs aident le lecteur à nommer certaines expériences et à les situer dans l’aventure chrétienne. Le péché n’est pas propre au baptisé uniquement, mais sa prise de conscience se fait paisiblement face au Christ dans l’espérance d’un pardon et d’un possible changement d’attitude.

Visitant ainsi les péchés capitaux, les auteurs leur donnent «vie» avec un humour qui construit. Dit sans ironie, un péché peut en cacher un autre: ce souci de vérité transparaît dans la présentation, les encadrés, les références. Être vrai pour être heureux car, selon saint Thomas, l’homme est fait pour le bonheur. Par sept fois, il s’agit de définir l’acte mauvais, de saisir pourquoi il s’agit d’un péché capital (par ses conséquences et ses liens avec d’autres péchés), de le découvrir et de le reconnaître sous ses formes diverses, d’y remédier par les moyens appropriés. Ce dernier aspect souligne le ton très optimiste de cette pédagogie et les paroles de réconfort qui parsèment le dédale de ces descriptions.

Les conseils concrets abondent avec le risque de transformer le récit en livre de recettes pour qui ne situe pas l’expérience spirituelle au niveau de l’incorporation libre au Corps du Christ mort et ressuscité. D’ailleurs l’inscription de ces analyses au cœur des voies traditionnelles (purgative, unitive, illuminative) aurait pu éviter certains risques (sectorisation de l’aventure spirituelle) d’interprétation auprès des lecteurs. Par contre les descriptions de scènes familiales les plus ordinaires aideront tous les éducateurs désireux d’éclairer les parents comme les enfants. Chaque étude de péché est accompagnée aussi d’une présentation d’un film. Cette culture cinématographique et les références littéraires transforment le livre en un roman passionnant. Ce qui aurait pu être austère et rébarbatif amuse, fascine, dérange, déconcerte: en bref rencontre certains aspects de notre culture occidentale. Une bibliographie synthétique et utile est offerte. On regrettera l’absence notable de références à la tradition théologique, morale, et éducative des exercices spirituels de saint Ignace.

Ce septénaire de péchés n’est certainement pas à mettre en parallèle avec les sept sacrements. Le Bien n’est jamais à situer de la même manière que le Mal et les vertus seraient toujours à étudier en priorité. Ce livre «capital» aidera cependant chacun à une plus grande conscience (psychologique, morale et spirituelle) de la portée de ses actes les plus humains, parfois trop humains. Hélas! — A. Mattheeuws, S.J.

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Mardi 21 novembre 2006

Thévenot X. Le ali e la brezza. Etica e vita spirituale, tr. L. Marino, coll. Sequela oggi, Magnano, Qiqajon (Bose), 2002, 21x13, 183 p., 13 €. ISBN 88-8227-129-3.

 

Cette traduction de l’œuvre française «Les ailes et le souffle» (Paris, Cerf, 2000) offre aux lecteurs italiens un ensemble d’articles synthétiques sur des sujets d’éthique et de vie spirituelle. Elle nous rappelle les dons particuliers de notre auteur, récemment disparu, et nous permet de lui rendre hommage.

La première partie souligne des repères éthiques pour la vie spirituelle et se fonde sur la parabole de François de Sales qui par l’image de l’ « apode» (un oiseau aux grandes ailes et petites pattes… tel l’albatros) nous guide dans les méandres de l’articulation entre la liberté de la personne humaine et la grâce divine. Plusieurs thèmes sont abordés: «les tentations de Jésus», «le retour des «exercices de piét黫, «les solitudes de la vie religieuse», «guérison, salut et vulnérabilité», «liturgie, morale et sanctification», «penser la morale à partir de la Trinité». Ce qui impressionne dans cette variété des sujets, c’est l’effort constant pour unifier vie spirituelle et vie morale. Comment renouer le fil ténu, parfois brisé, entre l’aventure spirituelle évangélique et la nécessaire conversion de l’agir humain? Par une argumentation «balancée» des points de vue, l’a. cerne les défis relevés et en relève chaque fois la mesure humaine avant de pointer un centre unificateur transcendant. Il est par ailleurs étonnant de constater combien la liturgie, au sens rituel et théologal du terme, joue un rôle déterminant dans la résolution paisible de certaines oppositions ou ambiguïtés. Pointons ce qui est bien dit sur «le guérir et humaniser. Point de vue psychanalytique» (p.59) et «l’impact de la réflexion trinitaire pour une éthique ouverte à l’herméneutique» (p.85-99). La portée «missionnaire» et «dialogale» de ces passages éveilleront une respect certain et une saine curiosité.

La seconde partie aborde des «questions d’éthique sectorielle» et présente moins d’unité apparente. On lira avec soin ce que l’a. dit de la nouvelle visibilité des homosexualités masculines. La réflexion est actuelle. Ce qui concerne la réalisation sexuelle du couple est trop simple pour une réalité aussi complexe. La démystification, opérée par l’a., de l’idéologie des plaisirs peut ouvrir les esprits. Nous avons surtout apprécié l’article intitulé «Pour une éthique de l’entretien d’aide» qui montre avec humanité et tendresse l’importance de ce type de relation, sa nécessité à certaines heures de la «nuit» et la bienfaisance d’une formation adéquate plongeant ses racines dans l’humilité. Le dernier thème, «Dignité et fin de vie» dénonce les dérives contemporaines et montrent les racines de nos angoisses. L’apport christologique est déterminant pour situer, en raison et par la foi, la signification de ces situations de souffrance et pour «voir» la gloire sur la croix. Le lecteur pourra y lire également un témoignage plus personnel.

Petites synthèses dont l’ensemble nous emporte vers le ciel et réconcilie avec une morale qui en est bien le portail puisque Dieu est amour, déjà durant notre vie sur la terre. — A. Mattheeuws, S.J.

Par Alain Mattheeuws - Publié dans : Recension d'ouvrages
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