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consacré à Alain Mattheeuws s.j. !

L'exigence que constitue la lecture des textes d'Alain Mattheeuws est à notre sens largement récompensée par cette "joie ontologique qui situe la personne en contexte de gratuité et par conséquent en climat d’obligeance éthique par opposition à l’obligation éthique, toujours teintée d’extériorité juridique" dont parle le Cardinal Ouellet, qui ajoute qu' "[Alain Mattheeuws] est marqué par une « philosophie ensoleillée » (R. Habachi) qui retrouve l’étonnement devant le mystère de l’être comme don."

La pensée d'Alain Mattheeuws est comme baignée dans la beauté et la grandeur de ce qu'est l'homme ; la réflexion sur les questions les plus concrètes ne perd jamais cela de vue, pas plus que le respect du sanctuaire de la liberté humaine. Il revivifie en nous cette espérance que, de toute circonstance, peut sans cesse émerger un chemin de joie.

Suggestion : commencer par l'introduction à la pensée d'Alain Mattheeuws par le Cardinal Marc Ouellet (Catégorie : "Ouvrages d'Alain Mattheeuws").

Une bibliographie figure dans la catégorie : "Ouvrages d'Alain Mattheeuws".

Les textes les plus courts sont les recensions d'ouvrages, puis les interviews, puis les articles. Enfin, les cours sont les textes les plus développés.

Conseil pratique pour parcourir le blog : pour mieux retrouver les articles, vous pouvez, dans l'encadré "Articles récents" (colonne de droite), cliquer sur "Liste complète", qui offre une prévisualisation de ceux-ci.

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Gewijd aan Alain Mattheeuws s.j. !

De moeite die ons het lezen van de teksten van Alain Mattheeuws kost, wordt ons inziens ruim beloond door de “ ontologische vreugde die de persoon in een context van vrijgevigheid plaatst, en bijgevolg een klimaat van ethische dankbaarheid schept, in tegenstelling tot een van ethische verplichting, steeds gekleurd door een juridische uitwendigheid” waarover Kardinaal Ouellet spreekt, die eraan toevoegt dat “|Alain Mattheeuws| getekend is door een “zonnige filosofie”(R. Habachi) die terugkeert tot de verbazing over het misterie van de gave van het zijn. ”

De denkwereld van Alain Mattheeuws is als het ware gedompeld in de schoonheid en de grootsheid van het menszijn; de bezinning over de meest concrete vragen verliest dit nooit uit het oog, evenmin als het respect voor het heiligdom van de menselijke vrijheid. Hij laat in ons die hoop heropleven, dat, uit alle omstandigheden, steeds een weg van vreugde kan ontstaan.

Suggestie: begin bij de inleiding tot de denkwereld van Alain Mattheeuws door Kardinaal Marc Ouellet (Categorie : "Werken van Alain Mattheeuws").

Een bibliografie is te vinden in de categorie : "Werken van Alain Mattheeuws".

De korste texten zijn de recensies, dan de interviews, vervolgens de artikels. De meest uitgebreide texten zijn de cursussen.

Practische tip om de blog te raadplegen : om de artikels beter te vinden, kunt u in het kader “Recente artikels” (rechterkolom) op “Volledige lijst” klikken. Hier vindt u een preview van de artikels.

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Vendredi 2 février 2007

et trois « After confs’ »

ROME, Mardi 30 janvier 2007 (ZENIT.org) – Cette année les Conférences de Carême en la cathédrale Notre-Dame de Paris porteront sur le thème de la Vérité, annonce le diocèse de Paris (http://catholique-paris.cef.fr) et offriront la possibilité de participer à des « After confs’ ».

Les différents thèmes abordés seront : « Vérité de la foi et vérité de la raison ? », « Faire mémoire : vérité et histoire ? », « Communiquer: vérité et médias? », « Créer : art et vérité ? », « Agir : à chacun sa vérité ? », « Une vérité qui aime » : cette dernière conférence sera donnée par l’archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois.

Ces conférences seront données en la cathédrale Notre-Dame de Paris chaque dimanche de Carême de 16h30 à 17h15 et seront suivies par les vêpres à 17h45 et la messe à 18h30.

Le texte des conférences est publié chez « Parole et Silence », et il sera en vente en librairie à partir du 9 avril.

A noter les « After Confs’ », un rendez vous pour les étudiants et les jeunes professionnels proposé par « Intiatives Jeunes », en trois rencontres en lien avec les conférences de Carême.

Ces rencontres permettront aux jeunes qui le souhaitent de dialoguer sur les thèmes proposés par les conférenciers avec un prêtre, un dimanche soir.

Dimanche 25 février 2007 : « Vérité de la foi et vérité de la raison? », à l’Ecole cathédrale.
Dimanche 11 mars 2007 : « Communiquer: vérité et médias? », à la paroisse Saint Germain des Près.
Dimanche 25 mars 2007 : « Agir : à chacun sa vérité ? », à la paroisse Saint-Etienne du Mont.

Par Zenit.org - Publié dans : Interviews
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Jeudi 1 février 2007
Si l’esprit est agité ou déprimé, le cœur inquiet, les sens en-dehors d’eux-mêmes, le corps fatigué ou malade, la personne tout entière le ressent et en vit. Nous ne sommes pas des femmes ou des hommes à tiroirs. La paix est liée à une unité de notre être, unité dont nous connaissons intuitivement l’origine et dont nous recherchons toujours, dans les cris ou la souffrance, le chemin et l’actualité. L’être humain, parce qu’il est une personne, une créature, un enfant de Dieu aspire à la paix : une paix intérieure, une paix profonde, une paix qui puisse se lover au fond de l’être comme un enfant l’est au fond de sa mère. Les causes de nos déchirements intérieurs sont multiples et il est parfois difficile dans le moment d’une rcncontre de « résoudre un problème », de « guérir la blessure », de « faire l’anamnèse des événements ». Comment faire ? Comment ne pas fuir notre propre indigence ?

Dans la gratuité de la rencontre et de l’écoute, nous pouvons offrir ce que nous ne possédons pas. L’impuissance joyeuse ou paisible de l’homme qui accueille et qui écoute, peut atteindre et apaiser le mal d’autrui à la racine et offrir ainsi ce qu’il ne possède pas et qui ne lui appartient pas : le shalom. Parlons d’humilité ! La paix est une grâce qui dépasse l’homme et cependant passe toujours par lui puisque Dieu l’a voulu ainsi. Il nous a montré le chemin : « La paix soit avec vous », dit le Christ ressuscité pour dire qui Il est et l’abîme de la mort qu’il a franchi pour nous. « La paix soit avec toi », dit le bon berger que le prêtre représente dans le dialogue liturgique avec chacun de nous. « La paix soit avec toi », mon frère, puisque tu te confies à moi. Je te donne ce que je n’ai pas en priant Celui qui est la paix de te rencontrer tel que tu es et dans ce que tu vis.

Ce « Shalom » est appelé à reposer sur nous, sur chacun de nous comme l’Esprit de Jésus reposait sur lui en tout temps de sa vie terrestre. Si un des fruits du bon esprit est la paix des cœurs, c’est d’abord parce que l’Esprit lui-même est « paix, don, vie et amour ». La paix signe la présence du divin qui s’approche de l’être humain, qui ouvre la porte, entre, converse à l’intime du cœur et y demeure. La paix est donc une présence, une personne qui passe les obstacles, les nœuds, les refus, et même le péché et ses conséquences. Quand la langue de la Bible prophétise la venue du Sauveur, elle parle du « Prince de la Paix ». A Bethléem, la paix est offerte dans la rencontre d’un enfant et l’écoute du chant des anges : « Paix sur la terre aux hommes que Dieu aime ». La paix intérieure est la grâce d’une présence : on en jouit. Elle nous rend légers ! On se laisse prendre dans ses bras comme un enfant, à l’endroit précis de l’être où la vérité et l’amour s’enlacent et s’embrassent. Chacun de nous, parce qu’il appartient à l’humanité, peut être un « artisan de paix » dans un lien personnel. Si une rencontre est vraiment de « personne à personne », elle peut être de paix. Elle peut offrir la paix, celle qui vient d’au-delà de nous mais par nous. L’expert est compétent et nécessaire. La personne comme personne est le berceau de la conception, de la naissance, de la croissance de la paix dans toute relation.

Pour vivre de cette paix ou la partager dans nos vies, il nous faut chercher la « bonne compagnie » du temps et le reconnaître comme un ami. Ce temps qui passe nous signifie bien que « nous sommes dépassés » et toujours en retard d’une patience ou d’une miséricorde qui nous précèdent. Le temps n’est pas qu’un stress, un passage d’une minute supplémentaire, l’apparition d’un âge qui restreint l’horizon spirituel de notre humanité. Le temps est un allié de l’homme, pour ses peines et pour ses joies. Dans l’angoisse qui nous habite, l’instant peut être insupportable. S’il est situé dans la mémoire et dans l’avenir, tout instant retrouve sa vraie saveur: celle de l’éternité. La paix recouvrée suppose la redécouverte du temps que nous sommes, d’une force amicale qui nous habite et qui dure. Le temps éprouve nos patiences, nos limites, nos désespoirs. Il est aussi le lieu où la paix peut habiter en vérité et demeurer. Il fait ainsi « histoire avec nous ». Pour que la paix « niche » dans le cœur de l’homme, le temps doit faire son œuvre amicale et fraternelle. C’est sa mission. C’est son fruit. Le temps est notre ami. Il s’inscrit paisiblement comme compagnon de nos vies.


Alain Mattheeuws s.j.

Par Alain Mattheeuws - Publié dans : Articles - Théologie
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Mardi 2 janvier 2007

Dans son ouvrage Divine ressemblance, le cardinal-archevêque de Montréal, Marc Ouellet, consacre un chapitre à la théologie du don développée par Alain Mattheeuws dans S'aimer pour se donner. Nous avons conservé de ce chapitre ce qui donne un aperçu éclairant de cette théologie.

 

 

"Voici un livre qui marquera une étape importante dans la recherche contemporaine de théologie morale et sacramentelle du mariage. Le père Alain Mattheeuws présente une thèse ferme et audacieuse, « argumentée en raison », sur l’intégration des biens « augustiniens » et des « fins » thomistes dans une doctrine des dons du mariage inspirée pour l’essentiel du philosophe français Claude Bruaire.

Il n’est pas facile de rendre compte d’une somme de ce genre, développée sur six cent soixante-dix-sept pages d’un texte dense, étoffé d’une multitude de citations d’auteurs contemporains ayant quelque chose à dire sur la thématique du don. Mon premier commentaire et que l’effort d’une lecture attentive est bien payée de retour par la joie de la découverte et par le sentiment d’être témoin d’un développement très riche, susceptible d’approfondissements ultérieurs.

[…]

Disons d’entrée de jeu que le projet est d’envergure et la démarche bien articulée : de « l’être de don au don de la vie en passant par le don de soi ».

[…]

Préfaçons notre coup d’œil sur le contenu par quelques observations critiques sur la méthode. L’objet de la recherche est « le mariage dans une théologie du don ». La méthode est historique et spéculative. L’auteur part de l’intuition spéculative de l’être comme « don » élaborée entre autres par Claude Bruaire ; il cherche les traces de la thématique du don dans l’évolution de la doctrine magistérielle au XXe siècle, pour vérifier si on peut parler d’un véritable développement doctrinal du mariage dans le sens d’une herméneutique du don.

[…]

La première partie, « A l’origine, le don » (p. 23), est ontologique et anthropologique. Il vaudrait mieux dire « ontodologique », car l’auteur adopte la métaphysique de Claude Bruaire, qui affirme le « don » comme le « nom » de l’être. L’homme, comme être d’esprit, c’est-à-dire « être de don », est toujours déjà devancé et situé radicalement « en dette de son être » (p. 47). Il s’ensuit une logique du don où le sujet, « donné à lui-même », est en obligeance de se donner, à l’image de l’Esprit absolu. Celui-ci et l’infini du don. « L’échange absolu qu’est l’unité de l’infini positif est décrit par Claude Bruaire sous la forme de la triplicité suivante : Don originaire, Reddition, Confirmation (p. 71). On reconnaît aisément l’origine chrétienne de cette idée de l’absolu que le philosophe français développe « en stricte raison », mais non sans reconnaître sa dette aussi insolvable qu’impénitente à l’égard de la foi. Alain Mattheeuws s’en nourrit avec la même liberté de pensée dont témoigne le philosophe chrétien Claude Bruaire, qui est heureux d’être provoqué à penser par les suscitations de sa foi. […] L’exposé est dense et suggestif. On y respire une sorte de positivité de la contingence, une joie ontologique qui situe la personne en contexte de gratuité et par conséquent en climat d’obligeance éthique par opposition à l’obligation éthique, toujours teintée d’extériorité juridique.

 

La première partie se clôt sur un exposé de la tradition récente de la doctrine du mariage : « De l’être humain à la personne » (p. 127). Le parcours des textes va de l’encyclique Casti connubii de Pie XI, publié le 31 décembre 1930, jusqu’à l’instruction Donum Vitae de la congrégation pour la doctrine de la foi, publié le 10 mars 1987. L’auteur y décèle aisément l’évolution d’une problématique de l’être humain obéissant à la loi naturelle vers une prise de conscience de la dignité de la personne humaine fondée sur le Christ qui « manifeste pleinement l’homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation » (Gaudium et Spes 22, 1). Dans cette évolution, le concile Vatican II marque un véritable tournant « christocentrique » et personnaliste qui demeurera l’inspiration est la règle du magistère post- conciliaire. À preuve cette vision de l’amour conjugal exprimé par Paul VI aux Equipes Notre-Dame en 1970, que l’auteur reprend comme un leitmotiv : « La grande loi de l’amour n’est-elle pas de se donner l’un à l’autre pour se donner ensemble ? » (P. 154, 210). L’anthropologie sous-jacente émerge à la lumière de la doctrine de l’image de Dieu, interprétée par Jean Paul II en référence explicite à la Trinité. La thématique du don y devient prédominante, notamment dans les catéchèses du pape sur la Genèse qui servent de toile de fond à l’’exhortation apostolique Familiaris Consortio. On y découvre la structure « sponsale» de la personne humaine : « La masculinité et la féminité sont des modes d’être ‘personne humaine’, solitude en attente d’une communion  » (P. 211). « L’homme ‘image’ de Dieu est ‘celui qui se donne’  » (ibid.)

 

La deuxième partie expose systématiquement la doctrine du mariage à partir des trois biens augustiniens et en commençant par la fides. L’auteur, un dialogue avec Emmanuel Lévinas, pose d’abord la question radicale de l’altérité. Pour éclairer le don de soi, il faut définir la « position d’autrui » (218) par rapport au sujet comme « être-de-don ». Pour le philosophe juif, le visage d’autrui révèle sa transcendance qui est essentiellement interpellation éthique ; le « visage » de l’autre est épiphanie du visage de Dieu et fonde par conséquent une éthique de la responsabilité absolue. La réciprocité des personnes ressort, semble-t-il, plus clairement chez Bruaire, qui fonde l’altérité humaine de « l’être-de-don » sur le fait que l’homme est d’abord « l’autre » du Créateur. La rencontre de l’homme et de la femme apparaît alors comme deux visages différents du « don » (p.236). Cette donnée fondamentale précède la dialectique homme-femme en ce qu’elle comporte de lutte et situe le rapport conjugal en perspective d’accueil et de gratuité : « Image d’une gratuité et d’une surabondance, la dialectique homme-femme manifeste la véritable ‘histoire’ du don où tout refus est de mort et tout accueil est de vie » (p. 251).

 

Le survol du « don de soi dans la doctrine du mariage » (p. 257) fait ressortir l’inséparabilité des deux significations, unitive et procréatrice, de l’acte conjugal ; cette doctrine reprend plus en profondeur une vue des choses déjà exprimées par l’auteur dans un autre volume : Union et procréation. Le développement de la doctrine des fins du mariage, Cerf, 1989. « La personne est destinée à se donner tout entière. Ce point est le socle de l’argumentation relative aux deux significations de l’acte conjugal » (p. 287). Le fondement anthropologique de cette norme éthique repose sur le « don originaire » du créateur établissant l’homme à son image et ressemblance, homme et femme (Gn 1, 27). L’auteur accorde une place importante à cette doctrine qui sert d’armature à l’exposé de la théologie du don mutuel des époux, corps et âme, dans l’unité, la liberté et l‘indissolubilité. La catéchèse extraordinaire de Jean Paul II sur la théologie du corps fait pour la communio personarum est bien mise à profit pour confirmer la thèse. La convergence des approches est frappante. La malice de la contraception saute aux yeux, de même que la beauté du don de soi intégral pour le service de la vie : « Le oui à la vie, au don de la vie, est toujours un ‘oui’ au don de soi en vérité » (p. 344).

 

La troisième partie du volume traite du sacramentum ou don de Dieu à son peuple (p. 348). On entre alors de plain-pied dans l’univers de la grâce. « Le don du Christ, fondateur de tout don », transforme le don créé de l’amour conjugal en signe du don incréé de Dieu à son peuple. L’auteur avalise l’opinion théologique qui voit dans l’évolution du langage de l’Eglise sur l’amour conjugal un authentique développement doctrinal. Encore une fois, l’apport de Jean Paul II à ce développement du langage du « don » est substantiel. Ses réflexions sur le mariage comme sacrement primordial jettent une nouvelle lumière sur tout l’univers sacramentel : « Vivre un sacrement, ce n’est pas d’abord répondre un besoin, une obligation, une habitude ou une séduction, c’est contracter un lien nuptial » (p. 401). […]

 

La quatrième partie, une pièce magnifique, démontre que « l’enfant est un don, le plus excellent » (p. 459s). On assiste là à une reprise en profondeur de la fin procréatrice du mariage dans le langage du don. Une dernière fois, la réflexion s’articule autour des déclarations du magistère qui culminent cette fois-ci dans : « L’être humain doit être respecté - comme une personne - dès le premier instant de son existence ». Le numéro 2378 du résume admirablement, selon Alain Mattheeuws, la doctrine de l’enfant comme don : « L’enfant n’est pas un , mais un . » Le « don le plus excellent du mariage » est une personne humaine. L’enfant ne peut pas être considéré comme un objet de propriété, ce à quoi conduirait la reconnaissance d’un prétendu « droit à l’enfant ». En ce domaine, seul l’enfant possède de véritables droits : celui « d’être le fruit de l’acte spécifique de l’amour conjugal de ses parents, et aussi le droit d’être respecté comme personne dès le moment de sa conception » (p. 485). L’auteur fait voir la continuité logique du combat de l’Eglise pour l’enfant : « Après avoir défendu la bonté de l’institution matrimoniale et de ses finalités, après avoir mis en évidence le pacte d’alliance conjugale dans l’amour des conjoints (concile Vatican II), l’Eglise défend à présent le don le plus excellent de cette institution et de cet amour : l’enfant » (p. 489).

On assiste là à une reprise en profondeur de la fin procréatrice du mariage dans le langage du don. Une dernière fois, la réflexion s’articule autour des déclarations du magistère qui culminent cette fois-ci dans : « L’être humain doit être respecté - comme une personne - dès le premier instant de son existence ». Le numéro 2378 du résume admirablement, selon Alain Mattheeuws, la doctrine de l’enfant comme don : « L’enfant n’est pas un , mais un . » Le « don le plus excellent du mariage » est une personne humaine. L’enfant ne peut pas être considéré comme un objet de propriété, ce à quoi conduirait la reconnaissance d’un prétendu « droit à l’enfant ». En ce domaine, seul l’enfant possède de véritables droits : celui « d’être le fruit de l’acte spécifique de l’amour conjugal de ses parents, et aussi le droit d’être respecté comme personne dès le moment de sa conception » (p. 485).

 

Une interprétation plus personnelle de l’instruction Donum Vitae permet à l’auteur d’approfondir les questions morales liées à l’insémination artificielle, à la fécondation homologue ou hétérologue à la lumière de la personne de l’enfant comme don. Dans ce contexte, le principe de l’inséparabilité des deux significations de l’acte conjugal est repris et appliqué à nouveau : « La dissociation objective de l’union et de la procréation dans la FIVETE homologue nie la dignité de l’embryon et les devoirs des personnes qui se donnent l’une à l’autre corporellement… » […] A cause de la dignité de l’enfant comme personne-don, on ne peut pas l’appeler à l’existence autrement qu’au sein d’un acte d’amour conjugal. Le droit de l’enfant au respect de son origine « divine » et vraiment « humaine » doit prévaloir sur le prétendu droit à l’enfant. « L’affirmation d’un droit à l’enfant signe un refus de ce qu’il est. Le droit de l’enfant demande un accueil inconditionnel » (p 497).

 

La nouveauté de l’argumentation réside dans la personne de l’enfant qui dès l’origine, en tant que don de Dieu, a le droit d’être aimé pour lui-même et donc d’être engendré dans des conditions conformes à son « être de don ». L’auteur radicalise son interprétation en réfléchissant sur « l’embryon humain comme don » (p. 529). L’embryon est « toujours » un don, quelles que soient les conditions de sa génération. Un don « en son corps » confié par Dieu aux époux pour être donné de « personne à personne », conformément au caractère sacré de la transmission de la vie : « d’un époux à l’autre, les époux à l’enfant ; de Dieu aux époux, de Dieu à l’enfant » (p. 544, citant J.-M. Hennaux). Bref, tout enfant a le droit de naître d’un acte d’amour, d’un acte de don personnel qui respecte sa nature spirituelle « d’être de don » personnellement aimé de Dieu, seul créateur de l’âme humaine.

L’auteur radicalise son interprétation en réfléchissant sur « l’embryon humain comme don » (p. 529). L’embryon est « toujours » un don, quelles que soient les conditions de sa génération. Un don « en son corps » confié par Dieu aux époux pour être donné de « personne à personne », conformément au caractère sacré de la transmission de la vie : « d’un époux à l’autre, les époux à l’enfant ; de Dieu aux époux, de Dieu à l’enfant » (p. 544, citant J.-M. Hennaux). Bref, d’un acte de don personnel qui respecte sa nature spirituelle « d’être de don » personnellement aimé de Dieu, seul créateur de l’âme humaine.

[…]

« L’enfant est un sacrement de la vulnérabilité de Dieu » (p. 556). C’est pourquoi il demande à être accueilli, protégé et reconnu absolument, car il témoigne d’un don infini sous les espèces du « don de personne à personne dans un contexte d’amour exprimé à travers la chair » (565).

 

L’ouvrage Les dons du mariage d’Alain Mattheeuws représente certainement une contribution majeure à la recherche de théologie morale et sacramentelle du mariage. La méthode choisie par l’auteur a l’avantage d’offrir une interprétation convergente des signes des temps tels qu’ils apparaissent dans la culture contemporaine et de l’enseignement du magistère de l’Eglise. Cette interprétation a le mérite de confirmer d’un point de vue nouveau les orientations pratiques de l’Eglise en matière d’éthique conjugale, en explicitant la justification rationnelle des doctrines professées par la foi. Alain Mattheeuws s’acquitte admirablement de cette tâche. Il est marqué par une « philosophie ensoleillée » (R. Habachi) qui retrouve l’étonnement devant le mystère de l’être comme don. Son approche ontodologique inspirée de Claude Bruaire signale un dépassement résolu de la perspective juridique qui a dominé l’histoire du sacrement du mariage. Le tournant personnaliste et christocentrique opéré au concile Vatican II est assumé et justifié en profondeur tout en marquant la continuité avec la doctrine antérieure des fins et des biens. L’amour conjugal ressort grandi est explicitement valorisé dans sa dimension corporelle inséparable de la personne comme « être de don ».

 

La problématique des fins, discutée puis passée sous silence au concile grâce à une « halte de l’Esprit Saint », est profondément renouvelée en dialogue avec les attentes et les limites de la culture moderne. L’auteur offre un vibrant plaidoyer pour la réhabilitation de l’enfant comme le don le plus excellent du mariage, justement à partir de l’amour humain authentique. La dichotomie entre fin primaire et fin secondaire est surmontée à partir du don mutuel des époux qui, pour être vrai, doit rester ouvert aux don possible de l’enfant par Celui qui demeure le grand partenaire de leur amour. L’authenticité de l’amour conjugal requiert par conséquent que le « troisième » (Divin et humain) soit aimé pour lui-même avant même la surprise du don. C’est ce don transcendant qui fonde le droit de l’enfant et qui oblige les époux à poser à son origine un acte d’amour exprimant l’unité des personnes dans la chair. « Seul l’acte conjugal est digne de l’origine de personne humaine » (Cardinal Joseph Ratzinger). La réflexion éthique de l’auteur sur ce point répond à un besoin particulièrement urgent dans la lutte pour le respect de la dignité humaine. […]

 

L’intégration de la doctrine des biens et des fins dans une nouvelle synthèse des « dons » du mariage méritent d’être salués comme une réussite remarquable qui devrait à long terme rendre un grand service à la pastorale de l’Eglise. Si le mot de Heidegger est vrai selon lequel chaque génération a une seule chose à penser et que la nôtre aurait comme champ de réflexion la pensée de la différence homme-femme, Alain Mattheeuws aura rassemblé et produit pour sa part une somme de pensées substantielles et savoureuses pour répondre au défi et à l’appel de l’être comme don.

Si le mot de Heidegger est vrai selon lequel chaque génération a une seule chose à penser et que la nôtre aurait comme champ de réflexion la pensée de la différence homme-femme, Alain Mattheeuws aura rassemblé et produit pour sa part une somme de pensées substantielles et savoureuses pour répondre au défi et à l’appel de l’être comme don.
Par Alain Mattheeuws - Publié dans : Ouvrages d'Alain Mattheeuws
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Lundi 1 janvier 2007

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Lundi 1 janvier 2007

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Lundi 1 janvier 2007
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Mercredi 20 décembre 2006

 Voici la préface du S'aimer pour se donner d'Alain Mattheeuws, écrite par Mgr Jean-Louis Bruguès, évêque d'Angers. 

"Vous avez dit don ? Et si ce mot simple et pur, cristallin comme dans un cloître le murmure de la fontaine, nous conduisait d’un même mouvement au coeur de la foi chrétienne est au centre du mystère humain ?

Depuis les origines sans doute, le monde s’est interrogé sur les relations entre l’homme et la femme. Séduction, domination, abnégation et perversion, fidélité et sacrifice : il en a perçu les mille visages, lumineux ou terribles. Il les a étudiés, analysés et interrogés. Plus que tous les autres aspects, c’est la beauté qui l’a frappé ; mieux encore, fasciné. Sans elle, les poètes n’auraient su où puiser leur inspiration. Sans elle encore, plus de littérature, de philosophie, d‘art, plus d’enchantement du monde.

La foi chrétienne s’est saisie très tôt de cette beauté-là. La Bible s’ouvre avec elle : « C’est vraiment l’os de mes os, la chair de ma chair », s’écrie dans un élan le premier homme, en contemplant sa compagne (Gn 2,23). Le texte précise que, subjugué par ce charme, l’homme - tout homme - devait quitter ses parents pour s’attacher à elle désormais. Quant à l’Eglise, elle est présentée comme une épouse (cf. Ep 5, 21-1). Ce titre désigne son être et la nature de ses relations avec celui qu’elle s’efforce de suivre. Il désigne aussi le projet d’amour de celui qui, après avoir sauvé les premières noces célébrées à Cana (Jn 2, 1-11), donnera son sang pour que dans l’Eglise soit rachetée l’humanité entière. Celle-ci se trouve donc admirablement placée pour célébrer et enseigner les mille facettes de l’amour conjugal.

Au long de sa tradition, l’Eglise a cherché les mots les plus précis et les plus justes pour rendre compte de cet amour. Des noms prestigieux, qui marquèrent profondément notre histoire, surgissent alors de notre mémoire. Augustin d’Hippone a beaucoup oeuvré pour défendre et promouvoir la bonté du mariage, mise en doute par la prédication manichéenne, durant le Ve siècle. Il développa la doctrine, devenue classique, des trois « biens » du mariage : proles ou la procréation et l’éducation des enfants, fides ou la foi que les époux placent l’un dans l’autre, le sacramentum enfin, puisque l’Eglise fit du mariage un sacrement (l’ordre d’exposition de ses biens reflète une grande importance). Une autre grande figure de la recherche théologique, Thomas d’Aquin, au XIIIe siècle, conserva le même ordre, mais il interpréta ses biens dans des catégories inédites selon la philosophie dite « nouvelle » qui était la sienne. Il distinguait les fins essentielles primaires du mariage, qui restaient la procréation et l’éducation des enfants, puis les fins essentiels secondaires (elles venaient en seconde place, mais restaient essentielles) qui étaient l’aide mutuelle que les époux se devaient l’un à l’autre et la satisfaction sensuelle (ce que n’aurait pas dit Augustin), enfin les fins accidentelles, en nombre presque indéfini.

Il se pourrait que s’opérât à notre époque, sous nos yeux, j’allais dire par nous, un autre virage majeur de la recherche et de l’enseignement de l’Eglise. C’est la thèse que développe le P. Alain Mattheeuws dans les pages qui suivent. Cette thèse se ramène finalement à une proposition très simple : le « don » représente le terme le plus adéquat pour désigner la nature des relations unissant l’homme et la femme. Découverte, attirance mutuelle, alliance, amitié enfin : toutes ces étapes de l’amour procèdent d’un principe commun : le don de soi-même. L’amour initial - à renouveler sans cesse - s’épanouit le plus souvent en une ultime forme, le don de la vie en leurs enfants. Sans don véritable, pas d’amour authentique. Que s’y refuse l’un des partenaires, et c’est l’ensemble du processus qui s’en trouve vicié, exposé à la rupture. Les intentions de l’auteur sont affirmées dès les premières lignes : « Que voulons-nous dire dans ce livre, sinon que l’amour humain est don, à l’image à la ressemblance de sa Source divine ? Que voulons-nous prouver sinon que l’enseignement de l’Eglise s’est renouvelé à la lumière d’une théologie du don et qu’il peut ainsi nous aider à entrer et à vivre profondément ce mystère de l’amour ? » (p. 16).

Le jésuite belge n’a pas la prétention de présenter un commencement absolu. À propos du mariage, les Pères parlaient déjà d’une « rencontre personnelle » entre un homme et une femme, caractérisée par une promesse d’un don réciproque, ratifiés par le Christ. Toutefois, l’auteur observe que l’éclosion des termes de « personne » et de « dignité », au moment du concile de Vatican II, a préparé une évolution inédite. Convient-il d’évoquer un revirement de la doctrine ? Le P. Mattheeuws n’aimerait pas ce terme et préfère parler d’une « halte » offertes par l’Esprit Saint à l’Eglise. Il ne cache pas sa dette intellectuelle, précisément philosophique, envers E. Lévinas, un autre jésuite, le P. G. Fessard, et surtout le philosophe français de la Sorbonne, trop tôt disparu, Cl. Bruaire. En définissant, en effet, l’être comme don, en construisant donc une ontodologie, ce dernier a permis un remodelage complet de l’anthropologie chrétienne. Comme l’écrivait le P. P. Gilbert, « chez Bruaire, [la catégorie du don] déploie la raison du désir. Elle indique la constitution du « moi » par autrui. Chacun est enfant de qui le met au monde : il s’ouvre au réel par sa mère. L’être d’esprit accède à soi en se reconnaissant donné à soi par celui qu’il n’est pas » (p. 50).

Malgré tout, la dette la plus forte d’A. Mattheeuws va au pontificat actuel [celui de Jean-Paul II, ndlr]. On connaît la critique, formulée par plusieurs théologiens, qui revêtit souvent la forme d’une contestation ou d’un « dissensus » envers le Magistère romain, au cours des trois dernières décennies. Le procès commença déjà sous le pape Paul VI, après la publication de Humanae Vitae, en 1968. L’encyclique, disait-on, s’écartait des perspectives novatrices ouvertes par le concile ; par son recours au concept de nature, si peu présent dans les textes conciliaires, est marqué un retour en arrière et une fermeture aux préoccupations des contemporains. La critique ne fit que s’amplifier au fil des ans. À la manière d’une onde de choc qui irait s’élargissant, elle remit en cause d’abord les prescriptions concrètes contenues dans le texte, puis les principes dont ces dernières étaient tirées, enfin la pratique même du Magistère et singulièrement son refus de suivre une procédure démocratique. L’exhortation apostolique Familiaris consortio, paru en 1981, à la suite du synode sur la famille, cherchait à redire la doctrine dans un langage personnaliste ; elle ne parvint pas à convaincre les récalcitrants ni une bonne partie de l’opinion publique. Il en alla plus ou moins de même pour les interventions suivantes de Jean-Paul II, jusqu’à l’encyclique Veritatis Splendor, en 1993, qui dénonça à son tour les systèmes auquel se rattachent les théologiens du dissensus : proportionalisme et conséquentialisme, option fondamentale, éthique procédurale… Entre-temps, les générations avaient changé.

Dans ce livre dense et bien charpenté, où l’on devine à chaque page la somme des recherches engagées, mais encore l’approfondissement d’une réflexion personnelle déjà ancienne, puisqu’elle remonte à plus de vingt années, les idées de fond se ramènent à quelques-unes. Certes, il y eut bien depuis cinquante ans un bouleversement de la doctrine concernant le mariage et la procréation. Lancé par le concile, ce bouleversement a été assumé et non pas trahi par Jean Paul II. La nouveauté principale consiste en une réinterprétation, non seulement de la doctrine de la famille, mais de la théologie morale.

L’homme et la femme constituent deux visages différents du don, égaux en dignité. Echange et réciprocité, initiative et reconnaissance mutuelle ne caractérisent-t-ils pas la sexualité humaine ? La logique du don permettrait d’envisager sous une lumière plus paisible, mais aussi plus certaine, les questions disputées et souvent douloureuses de la régulation des naissances, de l’accueil de l’enfant et, partant, du refus de l’avortement volontaire, sans oublier celles, plus récente, posées par les méthodes de procréation artificielle. La rencontre amoureuse, par exemple, peut être présenté comme « un don à discerner » ; le consentement, « un don qui est parole » ; l’antique remedium concupiscentiae, « un don qui guérit la relation entre l’homme et la femme » ; la fidélité, « un don qui dure »… Le don rend compte du projet de Dieu à l’origine de chaque personne ; il souligne les différents éléments constitutifs de l’amour conjugal, puisqu’il est personnel, libre et corporel ; il justifie que le mariage soit appelé le « sacrement primordial » par le pape.

C’est encore parce que l’enfant est présenté comme un don de Dieu, gracieux et gratuit, à l’image du Christ, fait à tous les hommes et non pas au seul parent, que l’Eglise s’est engagée au service de la vie humaine. Le P. Mattheeuws fait du synode des évêques de 1980 le point névralgique où s’exprimèrent avec le plus de clarté le renouveau de la doctrine (Familiaris Consortio) et la prise de conscience selon laquelle, alors que se développait dans les sociétés occidentales une « culture de mort », il n’existait pas d’urgence plus grande pour l’Eglise que celle de servir la vie, en bâtissant une civilisation de l’amour. Le terme de don constitue comme le noeud de ce renouveau. Son usage témoigne d’une fréquence jusque-là inédite dans l’exhortation du pape (notamment dans les numéros 28-32) qui clôture le synode. Cette fréquence se maintient dans l’instruction Donum Vitae (1987) qui justifie les réserves et les refus de l’Eglise envers les nouvelles méthodes de procréation artificielle. Le terme de don entre dans le titre : « Le don de la vie que Dieu, créateur et paix, a confié à l’homme, impose à celui-ci de prendre conscience de sa valeur inestimable et d’en assurer la responsabilité. » Tout est dit en cette première phrase du texte. Le concept de don est devenu central pour désigner l’enfant dans les textes magistériels de ces dernières décennies. Il a permis d’accéder à une vision de plus en plus objective du statut de l’enfant et d’énoncer ses droits propres : droits envers ses géniteurs, souvent plus soucieux de mettre en avant leur propre désir narcissique (un enfant pour nous et comme nous), droits envers la société entière, à commencer par le premier d’entre eux, le droit à la vie. Comme l’écrit l’auteur : « […] au fur et à mesure que s’affaiblit la conscience « habituelle » et le sentiment du don qu’est l’enfant, s’affirme [dans la pensée de l’Eglise] avec rigueur et fermeté la vision de l’enfant comme un « être-de-don »à respecter « comme une personne » dès les premiers instants de son existence » (p. 290).

Puisqu’il est amour, Dieu ne peut que se donner. Le don « marque » l’ensemble de la création. Il fournit ainsi la clé qui nous ouvre la porte d’accès au monde, au mystère de l’Eglise et au cœur de l’homme. Le don forme la trame de l’être ; mieux encore, il est le nom de l’être. Il « explique » la somme des relations entre les êtres humains, et donc la plus fondamentale, celle qui relie un sexe un autre. La nature profonde du consentement matrimonial, ses propriétés, ses biens et ses fins, si l’on tient à conserver les catégories anciennes, apparaissent aujourd’hui sous un jour nouveau quand ils sont exprimés en termes de donation.

Il fournit ainsi la clé qui nous ouvre la porte d’accès au monde, au mystère de l’Eglise et au cœur de l’homme. ; mieux encore, il est le nom de l’être. Il « explique » la somme des relations entre les êtres humains, et donc la plus fondamentale, celle qui relie un sexe un autre. La nature profonde du consentement matrimonial, ses propriétés, ses biens et ses fins, si l’on tient à conserver les catégories anciennes, apparaissent aujourd’hui sous un jour nouveau quand ils sont exprimés en termes de donation.

Plus largement encore, c’est l’ensemble de la théologie qui gagnerait sûrement être revisitée à l’aide du concept. Théologie de l’Esprit saint, puisque le don est son nom propre ; théologie de la liberté, conçue comme la capacité pour l’homme d’aimer et de se livrer à l’autre ; théologie morale, pressée enfin de quitter le cadre trop sec, trop strict même, du devoir et de l’obligation, pour se fixer sur les « lois » du pardon et de la charité ; théologie de l’oecuménisme qui ne prendrait plus son départ dans les manques et défaillances historiques des divers partenaires, mais dans le don reçu, à partager et à faire fructifier : on devine à ce simple énoncé à quel point le renouveau esquissé ouvre à l’Eglise des matins chargés d’espérance.

Théologie de l’Esprit saint, puisque le don est son nom propre ; théologie de la liberté, conçue comme la capacité pour l’homme d’aimer et de se livrer à l’autre ; théologie morale, pressée enfin de quitter le cadre trop sec, trop strict même, du devoir et de l’obligation, pour se fixer sur les « lois » du pardon et de la charité ; théologie de l’oecuménisme qui ne prendrait plus son départ dans les manques et défaillances historiques des divers partenaires, mais dans le don reçu, à partager et à faire fructifier : on devine à ce simple énoncé à quel point le renouveau esquissé ouvre à l’Eglise des matins chargés d’espérance.

Notre expérience Pasteur nous montre que les catéchistes et les permanents (il suffit de prêter l’oreille aux questions qui ne manquent pas de nous être posées dans le cadre des visites de paroisses), les animateurs des centres de préparation au mariage, pourtant chargés d’éveiller à la beauté du sacrement et de la fidélité, et jusqu’aux prêtres qui confessent leurs doutes, portent trop souvent comme une croix la morale sexuelle et familiale de l’Eglise. Ce livre devrait leur redonner courage et confiance, et surtout des arguments. Sa lecture foisonnante n’est pas toujours aisée. Le travail scientifique étant au prix de cette complexité, personne ne s’en plaindra. Notre souhait cependant serait qu’il continue à ensemencer les esprits et les cœurs et que cette théologie du don soit rendue accessible à un public toujours plus large.

L’essentiel du message sonne comme une heureuse nouvelle ; aujourd’hui comme hier, il est bon de se marier. Il est bon de se marier à l’Eglise."

 

Mgr Jean-Louis Bruguès, o.p.,évêque d’Angers.

Par Alain Mattheeuws - Publié dans : Ouvrages d'Alain Mattheeuws
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